Citoyen d’un pays libre et démocratique, je mesure ce que représente l’accession à la liberté et à une société de droit pour la population de ce grand pays qu’est l’Iran.
Les femmes et les hommes qui y vivent au quotidien la tyrannie savent son prix : l’emprisonnement et les sévices pour ceux qui s’opposent, les interdits sur la liberté de conscience, la négation des droits. Ce prix c’est aussi le refus d’observer les recommandations internationales dans l’industrie nucléaire, l’encouragement au terrorisme, les propos qui nient le droit d’exister à Israël. Tous ces actes placent la société iranienne et les peuples de la région dans un piège des plus dangereux.
L’élection qui vient de se dérouler avec une fraude massive et les images parvenue malgré la répression montrent la réalité de ce régime, mais aussi sa meilleure antidote : l’accès à la liberté des iraniennes et des iraniens de toutes appartenances.
Ce qui est en jeu c’est réellement la paix dans un monde qui vit déjà une crise économique sans précédent. La paix est notre bien commun et sa protection réside dans le renforcement de la démocratie. L’Europe a été libérée du totalitarisme nazi, des “Démocraties populaires” communistes et de dictatures. De la péninsule ibérique aux Balkans, des chantiers Lénine à Gdansk avec Solidarnosc jusqu’aux écharpes oranges flottant sur l’Ukraine, c’est l’engagement et la solidarité qui ont donné son souffle à la liberté.
Si l’ensemble de la communauté internationale est interpellée, cette question c’est aussi à chacun de nous qu’elle se pose. Chacun à notre niveau il est possible d’agir. Par l’échange de nos savoirs et de nos espoirs avec la société civile iranienne, nous pouvons contribuer à contrer ceux qui souhaitent un choc des civilisations.
L’expérience acquise dans le syndicalisme et ce que m’ont appris plusieurs années passées au Conseil Economique et Social, c’est l’importance de la société civile, de ses mouvement et organisations, en particulier quand ils structurent les rapports sociaux.
Il appartient à chacun de convaincre tout autour de nous, de la nécessité de dépasser nos frontières, nos cloisonnements, pour contribuer par l’échange et par les contacts directs avec les iranniens, à rendre possible ce qui est la meilleure défense de la paix : la liberté et la solidarité
Quand l’utilisation du Web motive des licenciements, des mises à pied, il y a de quoi devenir prudent si ce n’est carrément paranoïaque vis à vis de la Toile.
L’identité et la réputation numérique deviennent aussi importantes, et dangereuses, que celles que nous construisons off-line. C’est probablement même plus dangereux on-line. Dans la vie on peut changer de travail, de milieu, de ville et se refaire une réputation. Ce n’est pas facile c’est vrai, mais c’est toujours possible. C’est bien plus compliqué sur le Net. Qu’on le veuille ou non, avec ce média, notre réputation est désormais mondiale et publique. 
Facteur aggravant, si les paroles s’envolent, les écrits, ou les images restent… Or il y a des traces numériques qui peuvent être très gênantes et pas seulement dans le cadre professionnel : vidéos ou photos, profil pas mis à jour ou même la récurrence de certains thèmes sur un profil Face Book…
Or l’un des premiers réflexes des recruteurs est aujourd’hui de google-iser les candidats qu’ils ont présélectionnés. Ce réflexe dépasse d’ailleurs largement la pratique du recrutement, et semble valoir aussi pour tout un chacun lorsqu’il est amené à rencontrer quelqu’un pour la première fois.
Avec Internet il n’y a plus beaucoup d’inconnus, et il y en aura de moins en moins. On peut bien refuser d’aller dans cet espace, si on y est déjà faire le choix d’en partir, il suffit que notre voisin, nos collègues, nos amis et relations publient des informations ou même une opinion sur nous pour ne plus être un inconnu. Qu’ils le fassent avec bienveillance ou non n’est pas trop la question. Et je ne parle pas de vos éventuels détracteurs…
Dès lors, la question se pose sérieusement de savoir s’il faut être actif pour se construire une image, une réputation sur le Web avant ou pendant que d’autres ne s’en chargent. Pour dire des mots qui fâchent, « faut-il se marketer ? »
Pour moi c’est clair, à l’heure des réseaux sociaux et du Web 2.0 gérer son identité et sa réputation numérique c’est devenu indispensable. Cela signifie qu’il faut oser. Oser être dans ce nouvel espace qui n’est pas plus virtuel aujourd’hui que les autres espaces sociaux. Oser être public, oser se démarquer, prendre la parole, publier des articles, être visible dans la vraie vie comme sur le Net dans ses forums, ses Blogs, ses sites communautaires.
Se penser comme une marque pour mieux se mettre en valeur peut avoir quelque chose de choquant. Nous ne sommes pas des marchandises, quand bien même nos employeurs nous payent et achètent notre force de travail physique et intellectuelle. Mais nous avons tous un vécu, des connaissances et des talents. Ce qui manque parfois c’est d’oser en parler.
Alors je vois plusieurs raisons à ce que chacun s’occupe de bâtir sa marque personnelle.
- D’abord, faire ce travail appelle à réfléchir sur soi-même, ses valeurs, ses talents, ses objectifs personnels, sur ce qu’on veut pour soi et apporter aux autres. Le Personnal Branding est de ce point de vue un excellent outil pour se poser les questions sur ce que l’on veut vraiment réaliser dans la vie.
- Internet est aussi le seul moyen pour toutes les personnes qui restent dans l’ombre, d’être connues et reconnues, de faire leur place par eux-mêmes. Il donne à chacun le droit de décider librement, par une démarche volontaire, de la diffusion et de l’exploitation de son image
- Enfin, le net joue d’ores et déjà le rôle de découvreur de talents
C’est vrai que ce média ajoute un peu plus à la confusion entre espace privé et espace public, mais il est loin d’en être la cause ! Alors, sur cette question comme en toute chose, l’enjeu ce n’est pas la fuite ou la retraite en ermite. C’est plutôt la connaissance des codes et des risques, la juste mesure et le bon sens au service de l’esprit de conquête !
Que ce soit dans le discours publics ou dans les médias, on parle trop souvent de la jeunesse par ses “problèmes”, quand ce n’est pas en en faisant un problème en elle-même.
En retour, beaucoup parmi les jeunes ne se reconnaissent pas dans les structures représentatives traditionnelles. Ils expriment pourtant un réel désir d’engagement que la vie associative contribue à satisfaire.
Ces associations devraient plus qu’aujourd’hui être reconnues comme vivier de compétences. On s’y forme en menant des projets, on y acquière les compétences nécessaires à leur mise en œuvre, on y pratique l’exercice des responsabilités. Mais plus encore, savoir mobiliser ces compétences et les combiner en situation réelle, tout cela c’est autant d’atouts supplémentaires pour la vie professionnelle.
Nouveau militantisme ? Nouveaux engagements ? Une étude de deux sociologues du CNRS , Fanny Forgeau Zerbib et Catherine Lenzi Fauraz sur les “Spécificités des associations de jeunes, dirigées par des jeunes” nous invite à dépasser cette approche. Présentée le 4 avril à l’occasion d’un rassemblement des responsables des réseaux d’Animafac, de la JOC et du MRJC sur le thème “Apprendre à diriger”, cette étude nous montre que les héritages, les similitudes avec les structures d’engagement plus classiques sont nombreuses.
Si les terrains d’action sont souvent différents et le turn-over des responsables plus rapide, la formation, la transmission, les apprentissages, la professionnalisation, l’organisation, jouent dans les organisations de jeunesse des rôles aussi déterminants et font l’objet d’une attention soutenue.
Les compétences qu’on y acquière et qu’on met en œuvre n’ont rien à envier aux structures d’engagement plus classiques. Qu’elles soient d’ordre sociales, professionnelles ou personnelles, ces compétences vont bien au delà des seules compétences techniques.
On a coutume de dire que la valeur n’attend pas le nombre des années. C’est toujours vrai. Aussi, la question qui reste posée aux structures d’engagement plus classiques c’est pourquoi la prise de responsabilité y est si communément tardive.
Comment ces organisations laissent-elles la place aux jeunes ? Est-ce d’ailleurs la bonne question, le bon enjeu ? Dans leurs rencontres, pour comprendre notamment ce qui rend possible la mobilisation de jeunes à des fonctions de cadres-dirigeants, les deux sociologues nous ont dit très directement “ce qu’on a touché du doigt avec notre enquête, c’est un rapport de domination entre générations” Rapport de domination… plutôt trash non ?
Dans tous les cas, ce constat met sérieusement en question les discours convenus des responsables d’organisation en recherche de “relèves”. A suivre donc, d’autant que les mêmes questions semblent se poser face à l’emploi.
La note de conjoncture de l’INSEE de fin décembre concluait l’année 2008 sur des perspectives peu réjouissantes pour 2009. Au menu de ses prévisions : récession au premier semestre de -1,1 % après le repli de - 0,8 au dernier semestre 2008, un taux de chômage qui atteindrait les 8 % au 2ème trimestre 2009 avec une perte de 170 000 emplois. Seront particulièrement touchés l’industrie et la construction.
2009 s’est ouverte sur quelques nouvelles plus positives. Challenge dans son palmarès recrutement affirme qu’il y aura “320 000 emplois à saisir en 2009″. Le site de l’Apec indique qu’“en ce début 2009 les entreprises continuent à annoncer des recrutements de jeunes diplômés, et ce malgré la crise”. Anne Zuccarelli, Directrice des relations entreprises et carrières de l’EDHEC confirme en ce début d’année “le rythme des embauches reste dynamique pour les jeunes diplômés”.
Contradictions ?? Que nenni ! Toutes ces informations sont exactes.
En temps normal, comme en ces temps de crise, l’économie française crée et détruit tous les mois des dizaines de milliers d’emplois. En 2009, les départs en retraites vont réduire les effets de la crise. On est loin des opinions, pour le moins mal fondées, promettant aux jeunes diplômés un avenir professionnel en forme d’impasse pour 2009.
Tout n’est évidemment pas rose. Mais il n’y a pas de raisons de s’abandonner, de baisser les bras dans la recherche d’un premier emploi.
Raison de plus au contraire pour prendre les moyens d’anticiper, de se préparer, d’ouvrir les recherches d’un premier emploi aux secteurs et aux entreprises auxquels on ne se destine pas naturellement et qui recrutent.
C’est ce que LA MANU propose à toutes celles et tous ceux qui en sont convaincus, à commencer par les étudiants qui souhaitent s’y investir dans le cadre rémunéré de volontaire associatif.
LA MANU recrute aussi !
Comment les entreprises vont-elles traduire dans leurs politiques sociales et salariales les effets supposés et/ou bien réels de la crise économique qui s’est ouverte ? Personne ne sait son ampleur réelle, mais il semble qu’elle sera forte. Personne ne connait sa durée, mais il est bien possible qu’elle soit longue.
Le réflexe le plus classique pour tenter de se prémunir de ses effets : la réduction des dépenses, les économies. Au nom des nécessités de “performance” de l’entreprise, la baisse attendue de l’activité économique devrait se traduire nécessairement par des politiques sociales revues à la baisse. La logique purement financière, appelle dans ces périodes de difficultés à une baisse de “coûts”. Imparable…
Ce discours n’est évidemment pas nouveau. Mais je l’entends se développer, se dire de façon très assumée. Du discours aux actes, il n’y a plus beaucoup de chemin à parcourir en ce sens. Et cette pression va certainement aller en se renforçant encore dans les mois qui viennent.
Au moment où les logiques financières étriquées, sont mise en question, parce qu’elles ont largement contribué à la situation qui nous est faite, pourquoi ne pas le faire aussi lorsqu’elles s’appliquent sur politiques sociales et salariales.
Traverser la période difficile qui s’est ouverte, c’est pour une entreprise développer de la capacité d’initiative, de réaction, d’adaptation. C’est faire mieux en qualité de ce qui est produit. Ce n’est pas qu’affaire de performance “comptable”.
La dimension humaine est une clé essentielle dans ce qui va se jouer pour les entreprises. Je suis convaincu que c’est vrai en période de croissance. Ça l’est encore plus dans la période qui s’ouvre. Cela devrait donc inciter les entreprises à maintenir le meilleur niveau possible dans leurs politiques sociales et salariales. Cela devrait les inciter à jouer sur tout ce qui est possible pour développer le niveau d’engagement de leur salariés, pour mobiliser leurs potentiels. Et cela ne peut pas se faire si la dégradation des conditions qui leurs sont faites est la variable d’ajustement.
La résignation, la tendance à baisser les bras, à se replier sur soit c’est une énorme perte pour la performance des entreprises. Une approche de la performance, qui oublie la dimension humaine, ne manquerait pas d’aggraver encore les effets de la crise.
C’est la notion même de performance que la période nous invite à revisiter.
« Le logement social devient une porte de plus en plus difficile à ouvrir ». Le constat établit en 2008 par la Fondation Abbé-Pierre dans son rapport annuel indique que sur les 1,2 million de demandeurs de logement social, seuls 430 000 ont obtenu satisfaction en 2006, c’est moins qu’en 1999 et ses 500 000 demandes satisfaites. Le nombre de mal-logés est estimé à plusieurs millions. En 2006, le nombre des expulsions locatives a atteint le chiffre record de 10 000, et les sans domicile fixe sont estimés à 86000, c’est-à-dire la population d’une grande ville !
Constat d’autant plus accablant, que de 1954 à 2008, c’est un demi siècle d’une crise qui s’aggrave en étant parfaitement connue, cynisme ou incapacité ! Les causes réelles du problème sont décrites dans des dizaines de rapports, études ou avis.
En 1978, des syndicalistes de la Cfdt au contact de la population confient au réalisateur Patrick Brunie le soin de réaliser un film pour « montrer leur ville, la vraie vie, la vraie sensibilité des gens qui vivent la ville et la subissent », pour dire aussi leurs aspirations, leurs attentes tellement urgentes. Ce film - La ville à prendre - fut projeté partout en France, dans les villes, les quartiers, les entreprises. Plus de 400 000 personnes participèrent aux débats. Henri Laborit présentait le film au Congrès de l’Unesco à Montréal, pour appuyer quinze ans de réflexions sur le thème de la Ville.
A revoir ce film aujourd’hui, à redécouvrir cette image forte parce qu’elle appartient à ceux qui vivent cette réalité, c’est une instruction qui va plus loin que le cercle des habitués de ces rapports si peu écoutés, c’est une approche édifiante du problème urbain, cette question qui contient le devenir de notre démocratie et mesure la solidité donnée à notre pacte républicain !
C’est ce que ferons ce samedi 13 décembre matin au Cinéma 104, Avenue Jean Lolive à Pantin. Pour le plaisir et pour travailler au “Printemps”… A suivre donc
Voici la version originale d’une tribune publiée mercredi dernier dans les échos :
«Le goût de l’avenir»
En cette fin 2008, chacun peut sentir à sa façon que nous vivons une époque charnière. Les anciens équilibres sont en pleine reconfiguration, que la crise financière mondiale et ses conséquence viennent accélérer. Dans les dix prochaines années notre pays, comme le monde qui l’entoure, va connaître de profondes transformations.
Dans une économie mondialisée de plus en plus concurrentielle, il nous faut « faire société de la connaissance ». Une société qui fait de la connaissance le carburant de sa vitalité et de son développement. Une société dans laquelle l’humain représente le premier capital pour les entreprises. Une société dans laquelle la maitrise des gestes et des pratiques professionnelles doivent se renforcer du savoir et de la connaissance sur la nature des choses.
L’entreprise requiert que tout soit performant pour rentrer dans le monde de la globalisation. Cela signifie en particulier des exigences qualitatives en matière d’emploi. Dans le même temps, le retournement démographique en cours a déjà des conséquences dans l’ensemble des secteurs de la société et fait naitre des besoins quantitatifs importants.
Les étudiants formés à l’université sont un formidable potentiel pour parvenir à gagner sur ces trois enjeux.
On nous annonce que la crise financière aura des conséquences importantes sur l’emploi en France. Quand bien même le scénario le plus noir se vérifierait il faudra bien assurer le remplacement des départs massifs en retraite.
Le risque c’est que la crise actuelle engendre un double aveuglement :
- des étudiants qui sous la pression du chômage n’envisagent plus l’emploi que comme une façon d’y échapper.
- des entreprises qui pensent à l’occasion d’un regain de tension en leur faveur sur le marché de l’emploi revoir à la baisse leurs conditions d’emploi, en particulier pour les nouveaux embauchés
Ce double aveuglement risque de conduire à une multiplication des « erreurs de casting » qui ne sont souhaitables ni pour le salarié, ni pour l’entreprise.
Pour être et rester compétitives, les entreprises doivent trouver les bonnes compétences, fidéliser les nouveaux recrutés, se rendre attractives et réussir le management inter-générationnel.
Pour les étudiants, construire sa vie professionnelle nécessite de se connaître et de savoir se valoriser, de connaître le monde du travail et d’avoir les armes pour y mener son parcours.
La performance viendra de la rencontre entre ces exigences, de la rencontre entre les étudiants et les entreprises, d’un changement de donne en matière de lien étudiants entreprises.
Les temps sont propices à ce pari. Le devenir professionnel est aujourd’hui la première préoccupation des étudiants1 et de leurs familles. Les universités sont engagées dans des politiques pour se rapprocher du monde du travail et préparer davantage l’insertion professionnelle des étudiants. Elles se sont ouvertes à la pédagogie de l’alternance et de la professionnalisation. La nouvelle mission Insertion professionnelle donnée par la loi aux universités et la mise en place dans chaque université des Bureau d’aide à l’insertion professionnelle, le Plan Campus, la possibilité de créer des fondations universitaires, ouvrent en la matière de nouvelles possibilités qu’il ne faut pas hésiter à saisir.
Il s’agit d’aller plus loin, de soutenir et de renforcer les mouvements de rapprochement en cours, parce que le monde du travail et des études reste largement partitionné.
La rencontre reste à faire pour la grande majorité des étudiants.
Les étudiants n’ont pas attendu pour avoir du talent, pour se prendre en main, et cela dans de nombreux domaines. Il faut désormais leur donner la possibilité de le déployer aussi pour construire leur avenir professionnel.
Julie COUDRY – Laurent BERAIL
Fondateurs de LA MANU
C’est la crise !!! Qu’on se le dise, encore, encore et encore !
Pour le mois d’octobre, l’AFIJ nous annonce “l’effondrement” du nombre d’offres d’emplois publiées pour les jeunes diplômés, et nous confie, que chez “beaucoup” de recruteurs le plan de recrutement 2009 est suspendu, voir qu’ils n’en ont déjà plus. Circulez ! y’a plus rien en magasin… La faute à la crise.
L’Apec, plus prudente relève que l’emploi des cadres reste à un niveau encore élevé en octobre, même s’il marque des signes d’essoufflements. Dans une enquête conduite par l’Ifop fin octobre, 18 % des entreprises déclarent geler leurs recrutements en 2009… quand 40 % estiment que la crise ne devrait pas affecter leurs recrutements. Alors qui croire ?
L’emploi salarié à commencé à baisser, c’est vrai. Mais c’était au deuxième trimestre 2008, en grande partie du fait de la baisse de l’activité de l’intérim assez soudaine dès mars.
Les annonces de plans sociaux se succèdent, comme en écho aux discours les plus alarmistes. Peugeot-Citroën supprime 3550 emplois. La faute à la crise ? Cette annonce s’ajoute aux 15 000 emplois que le groupe a déjà supprimés en Europe depuis 2007. Au delà de cet exemple, la conjoncture vient accélérer un mouvement de désindustrialisation de la France qui n’a pas attendu la crise pour se développer faute d’une politique industrielle et d’une stratégie de long terme.
La crise financière aura des conséquences sur l’activité économique, c’est clair. Les salariés à faible revenu ou dépendant d’un contrat précaire sont d’ailleurs les plus susceptibles d’en souffrir. Pas d’optimisme béa donc. Mais il s’agit aussi de ne pas nous laisser tétaniser par tous ceux que des intérêts particuliers de court terme poussent à encourager les mouvements de panique.
Pour revoir les salaires et les conditions d’embauches à la baisse, pour s’exonérer de ses propres manques et responsabilités, “la faute à la crise”, agit comme un talisman magique. Matraqués par ces discours, les lycéens et les étudiants pensent en grande majorité que la crise les obligera à modérer leurs exigences lors de la première embauche. Quelle aubaine !
Je rencontre pourtant régulièrement des responsables d’entreprise, soucieux des recrutements qu’ils auront à assurer dans les années à venir. Crise ou pas crise, ils ont à faire face aux effets des départs massifs à la retraite des papy-boomer. Leurs inquiétudes se situent plutôt du côté de leurs capacités à séduire une nouvelle génération de collaborateurs. “La guerre des talents s’intensifie”, en France et en Europe, dans un monde ou seulement 10 % de la population active dispose d’une formation supérieure.
D’ailleurs, le Délégué Général de la fédération patronale de la métallurgie déclarait aujourd’hui même : “Nous avons d’importants besoins en recrutement”. Ses chiffres sont éloquents : 100 000 emploi par an dont 30 000 cadres…
“La faute à la crise”, alimente les tendances au désengagement, à l’abandon individuel et collectif, à la passivité, au moment même où la réactivité et la cohésion sont nécessaires. Cela renforce les fragilités et les dépendances.
Alors, en lutte !! Pour résister à l’impuissance et conserver les réelles possibilités de changements qu’offre le monde en pleine reconfiguration que nous vivons. Agir c’est conquérir l’avenir que nous voulons.
Voici trois semaines, le CESE, tirait le bilan en “demi-teinte” de 25 ans de politiques d’insertion des jeunes. Il y a bien eu des efforts consentis, des projets novateurs et des expériences réussies. Le dévouement de celles et ceux qui au quotidien interviennent pour améliorer les situations individuelles, c’est aussi quelque chose de très fort.
Mais franchement, en dépit de ça, que dire de ce bilan si ce n’est qu’il n’est tout simplement pas bon. Trop de jeunes sortent sans qualification du système scolaire, taux de chômage élevé, mauvaises conditions d’accès à l’emploi, “déclassement” des jeunes générations. Malgré l’amoncellement des dispositifs, 80 mesures en 25 ans rien que pour la politique d’emploi des jeunes, la situation faite à la jeunesse s’est dégradée ces 20 dernières années…
Le sujet est immense et complexe. Il invite à l’humilité pour l’aborder. En même temps, l’humilité ou les bons sentiments ne peuvent faire une politique à la hauteur du problème.
Dans cette mauvaise situation générale, se développe la marginalisation croissante de ceux qui se sont retrouvés éjectés tôt du système de formation, sans diplôme et sans qualification. 150 000 par an dans cette situation, c’est l’équivalent de la population d’une grande ville… Pour ces jeunes c’est rapidement la grande précarité, la relégation. Avec l’absence d’emploi, c’est tout le reste qui file : accès au logement, à la culture, à la santé, possibilité de se projeter dans l’avenir. Comme ça se mixe avec la ségrégation et la relégation urbaine, c’est une véritable bombe à retardement qui se constitue.
Cet après midi, en section du Tavail du CESE, nous avançons sur un avis consacré à l’école “Défense 2ème chance”. C’est Françoise Geng de la CGT qui nous conduit, avec détermination et conviction, dans ce travail. Cette “école” veut offrir une chance à celles et ceux qui cumulent les difficultés de tous ordres et sont justement dans la marginalité la plus avancée. L’objectif : l’accès à l’emploi. Au menu de ces jeunes qui sont volontaires : internat, discipline rigoureuse, éducation civique et comportementale, remise à niveau scolaire, mise en œuvre d’un projet professionnel en lien avec le monde de l’entreprise.
La spécificité de cette école particulière : en plus de l’internat, elle fait appel à l’expérience de personnel issus de l’Armée, “qui assurent une formation spécifique confortée par leur capacité de gestion des hommes et des équipes”.
A première vue ça pose question, non ? Pourtant, ces écoles sont bien souvent l’une des dernières voies offertes à ces jeunes.
J’ai été très touché par l’audition que nous avons faite du Général Valentin, qui préside le conseil d’administration de l’établissement qui gère ces écoles et la lecture qu’il a voulu nous faire d’un courrier : Je souhaite vivement intégrer l’un de vos centre pour me réintroduire dans la vie active. J’ai très apprécié le reportage sur M6. Je me suis imaginé dans la peau d’un volontaire. Cela m’a ouvert les yeux sur ma vie. Étant en conflit avec mon père, je pense que l’éloignement me ferait le plsu grand bien. S’il vous plait, monsieur, aidez moi à passer le cap du jeune qui ne fait rien de ses journées. J’en ai marre de cette étiquette. Je désire évoluer dans le bon sens. Monsieur je vous remercie de prendre ma lettre en considération, sachant que ce que je vous ai exprimé n’est pas entendu par mon entourage.”
Il l’a fait sans compassion, mais avec chaleur, considération et implication. C’est une belle marque de respect de la dignité de ces jeunes. Cette rencontre plus qu’improbable entre anciens militaires et jeunes exclus semble produire des résultats significatifs : 40 % des jeunes inscrits accèdent à un emploi.
De part et d’autre le respect, la volonté et l’engagement personnel pour changer la donne. Je trouve ça fort.
Un blog pour parler de la richesse de la vie ordinaire, de l’engagement pour la construire et avoir prise sur les choses, des évènements qui nous percutent, de l’intérêt général.
Un blog pour échanger, a partir de mes activités syndicales, de mes expériences associatives, de mes rencontres et de mes lectures
Un blog pour fabriquer des idées et découvrir…
_________________________________________________________________

Chargement ...

Commentaires récents